Once upon a time, ma chère petite maman a ramené à la maison une chose magique. Une sorte de petit stylo tout fin, qui une fois trempé devient soudain une éponge! En se remettant dans le contexte de mes huit ans et en oubliant que ceci n’était qu’une invention vendue dans les réunions tupperwar, j’y resonge à l’aube du retournage d’une page qui se fera dans le journal de ma vie, et je me dis que pour la première fois de ma petite vie, je vais philosopher de moi-même! Cette douce sensation miraculeuse de voir se créer d’un petit rien, un grand n’importe quoi; c’est-à-dire d’un objet moussant non-identifié à un ustensile de cuisine, m’a fait découvrir, sans le savoir au Moment T de cette grande découverte, un horizon encore inexploré! La magie de ce moment n’est pas le fait qu’on crée une éponge, mais la magie de l’instant, c’est justement ce moment entre le trempage, et la découverte de l’objet en question, ce moment de suspense intensément assoiffé de savoir ce qu’il va se passer à la seconde d’après. Mais hélas, une fois ce moment passé, une fois l’épongé née, plus rien. Ce suspense détonnant n’est plus qu’un souvenir qui perdure tout au long d’une vie… La magie n’est donc pas dans le fait, mais dans ce qui mène au fait dans ces micro-secondes qui séparent le moment espéré, puisqu’une fois passé, il n’a plus d’importance, il est simple soufflet qui, une fois le paroxysme du remplissage atteint, s’éffondre. Faire durer ce moment semble la clef. Mais attention à ne jamais tourner la clef dans la serrure, sinon tout retombe!
lundi 18 juin 2007
comment philosopher à partir d'une éponge...
Once upon a time, ma chère petite maman a ramené à la maison une chose magique. Une sorte de petit stylo tout fin, qui une fois trempé devient soudain une éponge! En se remettant dans le contexte de mes huit ans et en oubliant que ceci n’était qu’une invention vendue dans les réunions tupperwar, j’y resonge à l’aube du retournage d’une page qui se fera dans le journal de ma vie, et je me dis que pour la première fois de ma petite vie, je vais philosopher de moi-même! Cette douce sensation miraculeuse de voir se créer d’un petit rien, un grand n’importe quoi; c’est-à-dire d’un objet moussant non-identifié à un ustensile de cuisine, m’a fait découvrir, sans le savoir au Moment T de cette grande découverte, un horizon encore inexploré! La magie de ce moment n’est pas le fait qu’on crée une éponge, mais la magie de l’instant, c’est justement ce moment entre le trempage, et la découverte de l’objet en question, ce moment de suspense intensément assoiffé de savoir ce qu’il va se passer à la seconde d’après. Mais hélas, une fois ce moment passé, une fois l’épongé née, plus rien. Ce suspense détonnant n’est plus qu’un souvenir qui perdure tout au long d’une vie… La magie n’est donc pas dans le fait, mais dans ce qui mène au fait dans ces micro-secondes qui séparent le moment espéré, puisqu’une fois passé, il n’a plus d’importance, il est simple soufflet qui, une fois le paroxysme du remplissage atteint, s’éffondre. Faire durer ce moment semble la clef. Mais attention à ne jamais tourner la clef dans la serrure, sinon tout retombe!
Sonnet à Soi...
Arrache à la langueur d’une attente
Les espoirs ténus qui te font tenir;
Les vieux souvenirs qui, seule, te font sourire
Attends que pleure la douleur latente.
Enivre toi de ta solitude
Pour qu’enfin tu perdes espoir
Et prends en main ton miroir
Pour te confronter à ta platitude.
A tes larmes creusées à force
D’être trop versées, arrête toi
Sans foi, sans droit, sans loi
De lire du Proust dans du morse.
Douces aigreurs effrayantes
Qui subliment ta douleur
Pour t’accabler du Leurre
Et de ta naïveté puissante.
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